Envoyez-nous des dictons, des maximes, des proverbes,
des textes etc, dont le
chien est le héros.
Le chien fantôme de Faust.
Dans
Faust de Goethe, Faust et l'érudit Wagner aperçoivent un chien qui se promène à
travers champs. C'est un Barbet noir, qui tourne autour des deux hommes, se
rapprochant de plus en plus d'eux. Faust croît voir un tourbillon de feu traîner
derrière lui. Finalement, il le fait entrer avec lui dans son cabinet d'étude et
l'invite à se coucher derrière le poêle, sur un bon coussin. Mais ses aboiements
l'incommodent
« S'il faut que je partage la chambre avec toi, Barbet, cesse tes cris et
tes hurlements ! Je ne puis souffrir près de moi un compagnon si bruyant : il
faut que l'un de nous deux quitte la chambre! »
Mais, tout à coup, le chien commence à se gonfler en prenant une forme
étrange. « Il se lève avec effort, s'écrie Faust, ce n'est plus une forme de
chien. Quel spectre ai-je introduit chez moi? Il a déjà l'air d'un hippopotame,
avec ses yeux de feu et son effroyable mâchoire. Oh! je serai ton maître! Pour
une bête aussi infernale, la clef de Salomon m'est nécessaire. »
Les esprits veulent libérer le chien, qui enfle de plus en plus, au point « de
se résoudre en vapeur ». Faust l'interpelle : « Ne monte pas au moins jusqu 'à
la voûte! viens plutôt te coucher aux pieds de ton maître. Tu vois que je ne
menace pas en vain. »
Le nuage retombe, et Méphistophélès sort de derrière le poêle.
— « C'était donc là le contenu du Barbet? » se demande Faust.
(Les citations sont extraites de la traduction de Faust par Gérard de
Nerval, un petit chef d'oeuvre!)
"Je peux vivre sans un chien, mais pas sans deux chiens "(Orson Wells)
Le 8 mai 1882 est fondée à Paris la première "Société Française contre la
Vivisection et contre les tortures infligées aux animaux". Victor Hugo en est le
président. Une carte postale éditée par cette ligue montre un chien qui, après
avoir été heureux, est perdu, puis est soumis à l'expérimentation.
Recto
Verso
Hugo posséda plusieurs chiens ; l'un d'eux, Ponto, inspira plus que les autres
l'écrivain, puisque ce nom fut donné à un poème des Contemplations, écrit en
1855, à Jersey. Ce poème commence ainsi :
"Je dis à mon chien noir : viens, Ponto, viens-nous-en !
Et je vais dans les bois, mis comme un paysan".
Les récits d'atrocités qu'il a l'occasion de lire en se promenant le
convainquent de l'innocence du chien. Il ajoute :
"Le chien, c'est la vertu,
Qui, ne pouvant se faire homme, s'est faite bête,
et Ponto me regarde avec son œil honnête".
LE RETOUR DE BARON
L'écrivain se vit un jour offrir un Caniche appelé Baron. L'animal s'attacha
très vite à son maître, dont l'existence, alors agitée, était incompatible avec
la garde de l'animal. Baron fut donc donné au marquis de Faletans, attaché
d'ambassade à Moscou.
Ce dernier eut bientôt l'occasion d'emmener Baron dans la capitale de toutes les
Russies. À plusieurs mois de là, Victor Hugo reçut une lettre du marquis lui
apprenant la disparition du chien. Des semaines passèrent. Puis, une nuit, à
Paris, la servante du romancier fut réveillée par des cris plaintifs poussés
derrière la porte. Elle crut les reconnaître... et ouvrit. Un chien maigre,
crotté, aux pattes sanguinolentes, entra dans la maison... C'était Baron!
Alerté par sa bonne, Victor Hugo se leva en grommelant, mais sa mauvaise humeur
fit bientôt place à la joie quand il se rendit à l'évidence : Baron était revenu
tout seul de Moscou !
Hugo écrira au marquis de Faletans pour lui annoncer la stupéfiante nouvelle et
lui dire qu'il gardera Baron. Le chien vivra encore sept ans.
Faut-il croire à cette anecdote ou fait-elle partie de la légende de Victor
Hugo? Il est certes reconnu que des chiens ou des chats couvrent parfois de
grandes distances pour retrouver leur maître, même si l'on ne s'explique pas la
manière dont ils agissent. Cependant, Baron aurait dû faire à pied 2 150
kilomètres environ en moins d'un mois, soit quelque 90 kilomètres par jour.
C'est peut-être beaucoup...